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CHAPITRE 3 :



Les marqueurs sédimentaires de variations climatiques à grande échelle de temps

Les changements climatiques aux grandes échelles de temps

Les variations climatiques au cours des 700.000 dernières années sont suffisamment fines pour avoir une bonne résolution, de l’ordre de mille ans. Les paléo climatologues sont capables de remonter beaucoup plus loin dans le temps mais les indices sont de moins en moins nombreux, de plus en plus imprécis et donc la résolution de moins en moins bonne, de l’ordre du million d’années.

A.      Les marqueurs de changements climatiques à grande échelle

Les archives disponibles pour la reconstitution des paléoclimats sont essentiellement, et d’après le principe d’actualisme, les roches sédimentaires et leur gisement fossilifère dont la formation est liée au climat :

-les microfossiles (foraminifères, coccolithophoridés): certaines espèces sont spécifiques d’un climat donné. (voir cours précédent)

- les latérites et la bauxite sont présentes dans des milieux continentaux sous un climat marqué par l’alternance d’une saison sèche et d’une saison très humide, c’est-à-dire un climat tropical

-les coraux fossiles témoignent également d’un climat tropical, mais cette fois en milieu marin,

- le pétrole, est le résultat d’un enfouissement de grandes quantités de matière organique (phytoplancton) produite en milieu marin sous un climat polaire ou tempéré ou aride ou tropical.

-le charbon est le résultat d’un enfouissement de végétaux produits en milieu tempéré ou tropical.

- les traces de stries et de polissage de roches, la présence de moraines qui donneront après consolidation des tillites, les vallées en U sont les témoins d’un ancien glacier. Climat polaire.

-l’indice stomatique fossile permet, via une approche de la détermination de la concentration en CO2 d’estimer les températures passées.
Voir TP noté!
Remarque : les marqueurs climatiques sont plus ou moins précis pour déterminer le climat (ex : pétrole),  il faut donc parfois faire des recoupements avec d’autres marqueurs.

B.      Les mécanismes qui contrôlent les variations climatiques à grandes échelles géologiques

Le climat dépend d’effets astronomiques mais surtout de la teneur en CO2 atmosphérique.

1. Les mécanismes qui consomment du CO2 favorisent un refroidissement du climat par baisse de l’effet de serre:

- la photosynthèse réalisée par les producteurs primaires consomme du CO2 mais la respiration réalisée par ces mêmes producteurs primaires et les autres maillons des chaînes trophiques compensent cette consommation. Par contre, l’enfouissement de la matière organique et la formation de tourbe, houille, charbon et pétrole, piège du CO2 atmosphérique dans la lithosphère, et contribue ainsi à une diminution de l’effet de serre.

6 H2O + 6 CO2à C6H12O6 + 6 O2

Plusieurs inventions biologiques ont pu jouer un rôle important, en jouant sur l’un ou l’autre cycle :

– L’invention de la coquille (de carbonate de calcium), à la limite précambrien-cambrien (0.6 Ma) est un moment important, qui facilite le piégeage du CO2sous forme de carbonates.

– On a attribué la diminution du CO2 atmosphérique (vers 400-300 Ma) à l’invention de la lignine par les arbres.

Seuls les champignons savent la dégrader ;  mais ils n’apparaissent que 50 Ma plus tard. Il y aurait donc une période de 50 Ma pendant laquelle la matière organique formée par les arbres ne peut pas être dégradée, et reste piégée (puis est fossilisée, contribuant aux gisements de charbon).


- l’altération des carbonates par dissolution transfert du CO2 atmosphérique vers l’hydrosphère:

CaCO3 + H2O + CO2 à Ca2+ + 2 HCO3-

- l’altération des silicates des roches magmatiques ou métamorphiques constitutives des chaînes de montagne, consomme également du CO2 lors du démantèlement des reliefs par érosion. Il y a transfert de CO2 atmosphérique vers la lithosphère :

CaSiO3 + H2O+ 2 CO2 à SiO2 + Ca2++ 2 HCO3-


2. Les mécanismes qui libèrent du CO2 favorisent un réchauffement du climat par augmentation de l’effet de serre.

- le volcanisme libère dans l’atmosphère de grande quantité de CO2. Le volcanisme, intra - plaque avec les points chauds, sous-marin au niveau des dorsales ou continental dans les chaînes de subduction sont donc une source importante de transfert de CO2 mantellique vers l’atmosphère.

- la formation ou précipitation des carbonates transfert du CO2 hydrosphérique vers l’atmosphère:

Ca2+ + 2 HCO3- à CaCO3 + H2O + CO2

Cette réaction de précipitation peut être compensée par la dissolution.

- l’altération de la croûte océanique libère du CO2 :

CaSiO3 + Mg2+ + 2 HCO3- à MgSiO3 + H2O +CO2

- la réaction d’altération des silicates couplée à la réaction de précipitation des carbonates libère du CO2 :

CaSiO3 + H2O + 2 CO2 à SiO2 + Ca2++ 2 HCO3- à SiO2 + CaCO3 + H2O+ CO2

L’ensemble des études climatologiques réalisées des grandes périodes montre l’importance du taux de CO2 sur le climat.

Remarque : il existe des cycles au niveau du climat sur de longues périodes, notamment à cause de variations cycliques de paramètres orbitaux mais aussi de paramètres entrant dans le cycle du carbone...

Exemple : Les cycles orogéniques/rupture des continents

De façon schématique, les continents se fragmentent en créant des rifts et des océans, donc du volcanisme important (d’ou émission de CO2) ; et se regroupent en formant des chaînes de montagnes, qui s’altèrent et consomment du CO2. L’histoire récente du climat, pour autant qu’on puisse en juger, témoigne d’une alternance de périodes globalement froides, lors du regroupement des continents (Permien, présent) et de périodes chaudes, lors de la phase de dispersion des continents (Crétacé).

En résumé : Les fluctuations de l’atmosphère actuelle (influençant le climat):

Depuis 2.0 Ga, l’atmosphère évolue dans des limites assez proches de l’atmosphère actuelle, avec quand même des fluctuations non-négligeables. Deux cycles régulent le taux de CO2 atmosphérique :

– Le cycle photosynthèse/respiration : CO2 + H2O  CH2O + O2, qui n’est efficace à l’échelle géologique qu’en cas de piégeage de CH2O (matière organique) sous forme de charbon, pétrole et autres black shales. C’est ce cycle que l’homme est en train de perturber depuis la révolution industrielle. Des versions rapides du même existent (les échanges biomasse–atmosphère), mais leur effet est faible à négligeable pour des périodes géologiques longues et ne fait qu’induire des oscillations rapides, superposées aux cycles longs liés aux sédiments.

– Le cycle altération/précipitation : comme évoqué plus haut, l’altération des roches consomme du CO2, pour former des ions dissous et ultimement des carbonates, finalement recyclés dans le manteau. Par ailleurs, le volcanisme libère du CO2dans l’atmosphère, assurant le flux en retour. C’est un cycle long, qui fonctionne à l’échelle de 100 Ma.

Plusieurs paramètres contrôlent la composition de l’atmosphère (et la température terrestre, comme un sous produit), en jouant sur ces cycles (le second, le cycle long en particulier)

Pour être complet : on peut mentionner que le climat dépend, en partie du potentiel d’effet de serre de l’atmosphère (largement lié au CO2), mais aussi de la quantité d’énergie solaire reçue. On ne peut donc pas établir un lien direct entre CO2et température (sauf si on sait que les autres choses ne bougent pas). Les paramètres suivants peuvent jouer :

a. La géographie

Les glaciations (qui sont, au moins en partie, des phénomènes climatiques auto-entretenus, ou en tout cas avec feed back positifs du genre froid ) neige ) albedo augmente ) encore plus froid) ne peuvent opérer que dans un contexte favorable, avec des continents à des latitudes assez élevées pour que le climat y soit potentiellement froid. Le hasard de la disposition des continents joue donc un rôle, lui aussi.

b. Des variations de l’ensoleillement

On a proposé que la quantité d’énergie solaire qui arrive sur Terre ait variée au cours du temps, soit pour des causes internes, soit en raison par exemple de traversée de nuages de poussières galactiques causant une “ombre” sur Terre. La aussi, la snowball protérozoïque a été interprétée de cette façon.



c. Les variations orbitales de la Terre

Ce sont les classiques “cycles de Milankovitch” ; notez qu’ils jouent à des échelles de temps de 10-100 000 ans, soit un millième des échelles de temps utilisées jusqu’ici ! Autant dire qu’ils sont indiscernables dans les phénomènes discutés plus haut, bien qu’ils aient sans doute eu lieu. Il semble plausible qu’ils n’aient un effet majeur que quand le climat est globalement assez froid pour qu’il soit possible de déclencher une glaciation –— quand le climat est trop chaud, il y a bien des oscillations mais elles sont moins spectaculaires.

Des rétroactions

Enfin, il y a toutes sortes de feedbacks entre CO2 et climat : par exemple, un climat plus froid défavorise la photosynthèse, donc limite la consommation de CO2atmosphérique. . .

Le jeu complexe de tout ces paramètres contrôle les variations de la chimie atmosphérique, et du climat dans l’atmosphère “moderne”, à O2 élevé et CO2 faible.

Application: Le climat du Crétacé.


Un sujet et des éléments de correction, il reste à mettre en forme.

http://escaut.portail-svt.com/articles.php?lng=fr&pg=158

http://svt.ac-besancon.fr/bac-s-2016-liban/

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